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POESIE

 

 

LIMINAIRE

 

 

Quand le monde sous tes pas se dérobe

Et que pris de vertige tu cherches un sens, dis :

Nous sommes les porteurs du feu

Qui chancèle à l’orée du jour clair

Nous sommes de ceux que la lumière aveugle

Et préserve de l’ultime écueil

Nous sommes le vent

Nous sommes le cratère

Dont la patience germe comme une fleur de terre

Sans nous point de perle dans le creux d’une vague

Quand doucement s’endort une étoile

Sur le sein géant de l’océan

 

 

 

Extérieur, jour

Un oiseau dans le ciel

Comme un phare,

La nuit sera belle

S'il plaît à Dieu

 

M'émeut plus que toutes choses

Le peu de sens que recouvre l'approche

L'humeur du moment et le mâle présage.

 

Extérieur, jour

Le soleil est une plaie béante

Sur la conscience qui doute

Peu d'hommes savent

Et ceux qui savent se taisent

 

Du lointain comme d'un autre monde

L'œil regarde et fixe le talon droit d'un pied

La femme, non loin de là, apparaît

Forme vague

À peine perceptible.

 

Extérieur, jour

L'œil se tasse et patiente

 

Ceux dont le soufre constitue

La nourriture familière

Se terrent et chuchotent sur la gravité de l'heure.

Et l'homme est une forme précise

Sur la conscience du jour.

 

Plus près de l'homme,

L'œil regarde

Exclut et donne sens

 

Qu'en est-il de ce qui

En ce lieu même se dérobe ?

Qu'en est-il de la palme bercée

De l'éternelle menace

Et qui pèse de son poids d'ombre

Sur le poussin barbare ?

 

Qui parle endosse le manteau de dire

La fourrure en est belle

Le col étroit

Et que dira-t-il

Sinon l'épidermique soubresaut

De ce qui au fond de chaque chose gît ?

 

L'audience s'entend

Et le poème se pare

De la trame invisible du jour

 

Extérieur, jour

Et la marque du temps

Est un gond rouillé

Et qui grince fidèle au seuil

Sa part d’inconnu.

 

 

 

 

Les crocodiles dans le marigot

Ont des écailles sur le dos, l'œil luisant

Et l'haleine fétide

L'errant entend dans le feuillage

Le pas furtif de mille esprits

Pèse le carquois sur son dos

Il cherche arc et flèches

Sans espoir

Sans espoir, il marche vers son destin

S'érode son élan comme survient la mangrove

Invitée surprise au festin des reinettes fauves

 

 

 

 

 

L'eau saumâtre est le ventre mou du monde

Flotte le nénuphar souple et vert

Le vent doucement déride

La surface de l'eau.

 

 

 

 

 

SEUILS OBSCURS

 

Ô le bel oiseau

Ailes de feu

Plumes de sang

Sur quelle branche

Se posera-t-il ?

 

La forêt de ses bras

Par centaines l’acclame

Et dans son cœur

À peine éclos

Jette le trouble

 

Tout cœur qui tremble

Mérite amour

 

Mais lui

De son vol

Et de son désir

Sur quelle branche

Se posera-t-il ?

 

Non loin de là

Un ange chante

 

« La matrice première

Est un cri

Pas une âme

Pas un corps

 

La matrice dernière

Est un cri

Pas une âme

Pas un corps »

 

Puis l’ange

Sur son nuage

Tambourine

 

Doum Doum

Doum Dê

Doum Doum

Doum Doum Ndê

 

 

Sarbacane tendue

Fille du jet

Primitif de l’arc

Ma muse dans le feuillage

S’émeut

 

Le ciel entre en transe

Par la fenêtre d’un regard

Mon corps et mon cœur

Mon cœur

Et mon sang

 

Puis ma partance

 

Doum Doum

Doum Dê

Doum

Doudoum

Doum Ndê

 

 

Change de route

 M’a dit mon ange

Change de chemin

 

Si ton père t’appelle

Dis que ta mère

Ailleurs te réclame

 

Et si ta mère t’appelle

Dis que ton père

Ailleurs te réclame

 

 

Change de route

Change de chemin

Change de père

Et change de mère

 

Échange ta route

Contre un chemin

Puis ton chemin

Contre un sentier

À peine connu

 

Contre un arbre abrupt

Son courant vertical

Sa dérive immobile

 

Puis le ciel à deux doigts de là

Puis l’Aube

La matrice première

Le sol où le vol

Enfin se dérobe

 

Puis se fige

Et s’abolit

En frissons

De présence

 

 

 

 

 

Pour un cœur

Pour un cœur

Sa sève rouge

Brûlant l’abîme

 

Pour un cœur

Pour un cœur

 

Mais le jour

Devant la porte veille

Puis la nuit

Puis l’aube

À nouveau

 

Un navire passe

Dans le ciel sans bruit

C’est l’ange de métal

Le messager de la terre

 

Puis le jour

Puis la nuit

Puis l’aube enfin

 

Mais le ciel

Est las de toutes choses

Et la mer qui court

Est forte et belle

 

 

L’oiseau sans fard

Se meut

Vers le ciel

Vers l’ouvert

Et la mer qui court

Est forte et belle

 

Comme l’aigle

Et comme le vent

Elle tire la terre

Vers le ciel

Vers l’ouvert

 

Elle court

Elle court

La mer

Hélas !

 

 

Qu'ont fait les hommes sur cette terre

 Ô Toujours !

Ils ont dressé contre la transparence du ciel

Le bouclier de tant de rêves vains

 

Ils ont dit le monde surveillé

Le mystère en son échéance

Et proféré la parole

 

Ô mon âme

Toi qui surviens à ton heure

Portant sur ton dos le crépuscule de ce jour

Déjà si long

Et qui surmontes ta crainte sur le seuil de Pas-encore

Retourne-toi et crache sur ton ombre

Que sa honte témoigne pour toi

Afin qu'humiliée sur ce seuil

Elle sache que toi aussi tu es d'où tu reviens

Fils et fille

De la parole des hommes

Tant de paroles tu profères à ton tour

Ombre parmi les humains

En toutes choses semblable aux autres

Que tu nies ou que tu affirmes

Fuyant à travers tes propres mots

La faim tenace de l’hyène

Qui sur ta trace demeure

 

 

 

On raconte qu'au mot sur le chemin d'être dit

Il fut permis comme à tout pèlerin de l'impossible

Une dernière halte qu'on appelle dire

Puisque toujours il s'y attarde

Halte insoumise aux abords de Pas-encore

 

Sache donc ô salive d'homme sur l'ombre renversée

Quand d'être ravi chante le coq vulgaire

C'est la divinité elle-même qui se déchausse

Sur le seuil du temple de Mal-patience

Inaudible pourtant est le droit hasard de ses pas

Sobre présage qui t'interpelle où tu te dérobes

Las de toi-même et prophétisant

Que s'achève l'informe

À tant de dits dévoyés, tu réclames

Ta part d'inattention

Du chemin devenant tu fais sans passion

Un nid infécond où d'aisance

Prolifère le trèfle vil

 

Toi aussi tu caches

En ton âme profonde

Un dire inouï

Immortel et vivant

 

Mais quelle voix en toi dicte déjà l'instant suprême

Te surprend en haillons

Sur le sentier bourbeux du jour

Las de toi-même tu intercèdes en faveur

De dieu polymorphe et vide d'être encore duel

Toi le fils de cette terre que n'oses-tu

Suspendre à son heure sans partage

L'amorce d'une plainte aux contours

Indéfinis de l'herbe haute de ta passion

 

Mais voici que suçant du jour le poison brûlant

En un seul geste, tu combles la mesure

De ta frêle patience

Heureuse nouvelle dis-tu

Pour qui sait le prix de l'heure

O sombre présage qui emporte

L'avance inarticulée de Oui

Lentement s'allongeant vers son destin

Or tendre sans prédiction

 

 

Ô fureur de ma patience vaine

Ci-gît l'amorce où s'origine mon dire

Souple en son insistance dans la chaleur vive du jour

J'énonce l'improbable soustrait au doute

S'annonce ma naissance qui est science

Et d'une même parole la senteur démultipliée

Plaine désormais rase de ma patience résorbée

Sombre éclair que l'aube à tout dérobe

 

 

 

 

 

Point n'est besoin d'adjoindre au jour

Sa louve-inconfort

Et s'il plaît au ciel que la terre fût basse

Qu'il nous retienne en son giron néfaste

Et qu'il vienne s'il s'en vient

Mais qu'il consente seulement à être

L'hôte inassouvi et l'âtre brûlant de nos âmes

 

Qu'il vienne et qu'il demeure en nous

Fidèle toujours à sa droite patience

 

Vienne le jour avec lui fécondant l'Encore

De nos doutes éludés

 

Que s'annonce l'effort pour contenir sa vue

Sobre élan dont nul ne revient

Sarclage sans fin sur l'écaille tenace de Toujours

Tornade et vifs cordages salive ou sperme

Murmures et silences

Insalubre et cruel destin

Insondable solitude

À qui l'on immole le jour aux cent survivances

 

Que je m'arroge sur lui le droit d'être déjà loin

Quand rien au dit ne me prédestine

Sobre présage

Où le pas de danse léger s'incorpore

A l'élan premier du cœur

Et que chante à l’infini le

Crâne nu et vieux

Puisqu'il faut qu'il en soit ainsi

 

 

 

Solide est l'aumône d'une écuelle vide

Et creuse l'intention solidaire

Des peines noctambules

À l’heure où rode l'instinct

Aux abords de la tourelle grise de Mal-demeure

 

Solide est l'intention à l'aube remise

Cartes et tables au loin voguent incertaines

Kilomètre de fil rouge bariolant l'avènement du jour

Corsage d'inhumains amarrages

Aux confins de Toujours

 

Trou subit creusé à même la triade élogieuse

Terrible salamandre de l'unique destin

Fait aux mortels

 

Saveur sans partage salive encore

Quand Toujours nous requiert

 

Train porteur plus qu'allure de reine

Où s'élabore l'encolure sombre de son linceul

Vers l'ultime refuge

 

Corsage amer sur l'onde creuse

Arrimée aux vagues claires de traîtresses demeures

 

Corolles de fleurs couleurs déteintes

L'amarrage terrible de cette couronne d'épines

Sur le front d'un mystère sobre pourtant en son allure

 

Alliance d'airain et de sable fin crissant à l'infini

 

Salaam aux mortels salaam aux immortels

Et qu'ils demeurent sans parole l'un unique

De cet instant aux ronces adaptées

 

Querelles vaines sur ce seuil dénudé

Où dénonce l'enfant sa trentième sirène du jour

 

Douce aurore sobre présage

Qu'il doute de toi encore s'entend

Qu'il doute de moi et qu'il demande

Au père du tout conçu à l'image de nous

D'éteindre sa lampe quant s'éveille le poulpe

D'être bâti pour combler le vide indécent de dire

 

Ô pâleur vivace réciprocité acquise de l'ombre sur ton errance

 

 

Ô soleil déclive

Sans partage est en nous

La douce colonne de fumée grise

Où montent nos heures

S'attabler aux lunes de Jamais-plus

Finissante âcre odeur comme papillon au feu

 

Haute rive sommeillant dans le lointain

Comme si Demain venait s'écarteler sur Déjà

 

Sombre présage sur l'entente de Maintenant

Sevrage inaugural hôte fier de mon logis

 

Tendre élan ceinture délassée

Sans guidance où va le jour

L'envol de brunes semences

De vierges sans calcul

Hautes ombres de Mal-lumière

Quand donc s'énonce l'églantine

En sa fleur close

 

L'humain mirage d'or et de cendre chaude

Plus encore qu'erreur d'essence en nous s'amarrant

Veillées fiévreuses aux mille encoches pérennes

 

Entends sourdre de mille antennes

Le mont chauve d'embûches funestes

Éclat solaire inversé pourtant

Hiver glacé au cœur de latence

Surcharge d'envols impossibles

Puis sommeil-obôle souffle tiède de la divine aimance

 

âcre limon ô tendre lumière de ma part envolée

Tourne encore vers Toujours

Et que de ta fureur domptée s'élargisse son séjour

 

Vienne l'heure blême corolle de mûriers aveugles

Licence indue du sombre partage

Où de dépit s'écoule le double de l'innocence perdue

 

Corne inondée ô larmes d'alose déversées

Au fil du mur blanc et satiné

Et qui s'implante en largeur

Suant l'on-dit sur sa trame d'incestes tus

Couleur fauve de l'inique intimidation

Cancer destiné aux âmes sans solde

Aux heures surnuméraires

Désherbant l'incise

 

Salaire sans cri où vole le vent aux arbres leur dire

Semence d'envols attardés dans l'iniquité de Jamais-plus

Détonne leur jointure s'annonce l'approche de l'inhumain

Partage d'errance et de rives à jamais atteintes

 

Mesquinerie du sable fin aux yeux d'enfance

Ô timides enclaves que dérobe le jour

En cette prestance où d'or clinique

S'ébauche sur sa toile indue

L'immense haine promise aux boudeurs d'Encore

 

Ébauche abortive, vide essaim de sirènes tenaces

Autour de l'air du jour

commode instinct

Qui dicte au jour d'être l'éloge du jour

 

Querelles confuses et troubles desseins

À peine une île déserte

Intimant l’embarquement sacral

De tous en direction de Nulle-part

 

Horreur du doute qui abroge et qui déroge

Horreur des tourterelles qui vieillissent d'être deux

Livrées liées au cours du feuillage de fade-entente

Au bord du vaisseau fugace de Jouir

 

Qu'aumône au ciel scintille le rire de Saturne en fête

Que cet éloge au soir s'inscrive en nous

Fils uniques et filles de cette terre amère

À jamais délivrés des inhumains suffrages

 

S'élabore le chant : « tu n'entreras pas en ce sanctuaire

Que fidèle au souvenir de ton ombre

Blessée et gisante

Souillée de ta salive et de ton fiel »

 

S'illumine en éloge pour toi

Tendre maîtresse humeur d'érable

Couchée désormais fidèle à ce seuil

Les pieds mouillés de rire

Où d'attendre son masque

Sommeille Toujours

À la pâleur de Jamais-plus

 

Crêpe molle sirop de jour mêlé de nuit

O lucioles fécondes

Qu'arable est en vous l'immense parchemin

Dont s'éclaire le ciel aux heures infuses

 

Calamité blême sombre démence

Pour accueillir en nous ce qui demeure

Puis s'élance en gerbes fines

Dans l'espace transporté où se complaît le jour

Sourd aux éloges et jouant sur nos peaux

La mesure inhumaine d'une balle perdue

 

Bien d'autres s'emballent et cueillent aux vents

L'esprit d'une olive verte et tendre

De nous être promise

 

L'or vole aussi et nous dérobe

À l'unique entente qu'intime le jour

De sa haute fonte diurne

 

Sobre présage sobre présage

Couleur de cette entente vive

Mais chuuut, le maître approche… chuuut…

Voici le gardien de ce lieu forclos

Rasant les murs nus et blancs

Qu'il s'approche donc

« Connard ! Connard !

Sale traître !

Vil battant de cette porte si vieille

 

Clore ton joug…Clore ton joug

Que sommeille ma veine

Dents de cheval au mors fidèles

 

Que s'érode le mot

Qu'au loin se cache le jour

Car La nuit aussi est pleine de traîtrises »

 

Sable ô sable ocre et fin de l'aurore enchantée

Que son éloge funèbre colore ta danse

Au chorus du vent

Quand s'en retourne au néant ce pas sombre

Et mal venu

Qu'on accueille Toujours à coups de pierres redoublées

Et qu'il comble cette demeure

Que tarisse dans ma bouche son dire si blême

 

Code code codage cordage

Autour de mon cou autour de mon cou

Colonne de chanvre vert

Étire mon âme qu'éloge ou blâme l'arrache au jour

Oui ô oui à la plaie ouverte puis tendrement refermée fusible et vraie

Crayonne

Crayonne encore et encore

Qu'inonde l'encre noire

De ta gésine l'aurore si belle

« Billie ô Billie tendre Billie

Que ton chant est bleu

Bleu si bleu que l'on  s’y perd

 

D’élan du ciel

Sonore et creux

Vidant toujours en l'âme si fruste

Son dû de désert »

 

Toc-toc

« Qui va là ? »

 

« C'est la robe du maître pour la noce promise »

 

Nu donc est le maître vite, qu'on lave son corps

Qu'on lave son corps tant que mort il semble

Raide et plat à même le sol de ce seuil désert

J'apporte du lait du sang et du mil

Qu'on mange et qu'on boive

Puisque qu'en ce lieu, il demeure

Mort pour nous et vivant aux cieux creusés d'encoches

Morne plaine, seuil fidèle

Le maître était donc

La malchance du jour

 

 

 

 

 

Chemin cheminant

Un soleil se lève

Un soleil se couche

Et la nuit est en tout

Semblable au jour

Et le jour semblable à la nuit

 

On boit un café

On lit un livre

Le temps passe

 

Passe le père Noël

Pétaradant sur sa moto

Rouge et blanc

 

Une grosse femme

Éclabousse le ciel

De son rire sonore

 

Un homme seul se lève

 

Il est treize heures un quart

La tornade d’un camion bleu

Éclair de partance

 

Deux verres s’entrechoquent dans son dos

 

Chemin cheminant

L’or fond

Des couronnes tombent

L’aube seule demeure

 

Chemin cheminant

Les aiguilles des cactus dardent

Vers le ciel leurs pointes acérées

L’air de volupté frissonne

 

Un enfant après la vague court

Quand le vent agite les hautes herbes

 

Un ange s’effondre quelque part

Entre la demeure et le désert

 

De l’enclos des dents pas un mot

Ne s’échappe

Et l’ange dans sa chute renaît

Pareil à toutes choses

 

Chemin cheminant

Des voix se font entendre

Des pensées comme des courants d’air

Vont et viennent sans encombre

 

L’inhérence déclinant la mort

Le temps sur toutes choses mord

Le temps irise la surface des eaux

Et le temps blesse tout au fond

Là où s’ouvre le corps

Au sang prochain du cœur

 

Le silence disant l’infini

Des oiseaux de leur vol noir

Brodent dans le ciel

Des signes inaudibles

 

Chemin cheminant

Le ciel se berce d’illusion

Un buisson dans l’ombre

Bruit tendrement

Où couve du fauve

L’élan fécond

 

Le soleil se lève

Brûle tout

Et se recouche

 

Sa chaleur demeure

Sévère dans la nuit

 

Une bougie s’allume

L’ombre comme le silence

Se fait autour

Puis l’idée d’une noce s’énonce dans le ciel

 

Des colombes de verre

Lentement s’élèvent

Vers l’ouvert

L’aube

Puis le jour

Plus doux

Déliant l’amarrage

Précaire du souvenir

 

D’obscur le désir des plantes

Se mue en partance

La terre brûle vers le ciel

Et la terre pense au ciel

Et la terre de désir

S’élève au ciel

Puis le soleil se fait plus lourd

Son pied de rayons ardents

Pesant sur la poitrine du jour

 

Chemin cheminant

Le pas seul chemine

 

L’eau à deux pas gît

 

Le ciel dans la lointaine plonge

Un moineau bavarde

Dans le filao

Et la mer dans l’ombre

Soupire d’être belle

 

Mais la plaine est grave

Rouge et grave

Le sang du ciel se faisant

Plaques de verre poli

Par-dessus les nuages gris

 

Une plume divine dictant l’oubli

Les mourants s’éveillent à la nuit

Puis se blessent

Aux rayons du jour

 

Chemin cheminant

L’arbre chemine aussi

Vertical vers sa fleur

Sa sève délivrée

 

Le sable se fait fin aux abords de l’eau

L’herbe sans hâte croît

Des criquets invisibles

Débitent des cris de joie

Et de leurs ailes

Brisent l’enclos du silence

 

Des baobabs géants sans âge

Se redressent et prient

 

Une femme vieille fume

Sur un seuil désert

Sa fumée vers le ciel chemine

Lente bleue et grise

 

 

Point de rime à mon poème

La joie seule féconde

La voix d’une fleur

Aux corolles obscures

L’aube seule est dispendieuse

 

Quand solitaire survient la nuit

                     Ma main dans l'âtre

Frôle du jour

Le fantôme blême

Et rien moins que ma peine

N’élude le festin

 

Fête des moires et de fièvre

L’humble sommeil

Où des ogres d’infini

Marient l’âme

Au goût amer des saules

 

Posé à même le sol

Le bol vide

D’où le lait s’est enfui

Répondant à l’appel sans borne

Des joncs fleuris

 

Point de rime à mon poème

La foi seconde

Le choix d’une plainte

L’heure aux soleils déclives

La nuit brune

Présage de l’aube

 

Le pain d’un corps

Christ sans âme

Trône sur l’or du monde

Et rien moins que sa barbe poivre et sel

N’annonce l’éveil

 

Rodé au vol du soir

L’œil solitaire observe

Et rien d’autre ne voit

Qu’errance et dérive d’ancrage

 

Point de nord à mon poème

Si ce n’est l'aimant d’une illusion

 

Point de sud aux clameurs solaires

Et pour autant

L’est est au jour

Et l’ouest au soir

 

Ô la ronde précaire des étoiles

Brune et suave la mangrove

Enchante le rêve d'un soir

Où la saveur tiède de l'océan

Imprègne toutes choses

D'un arrière-goût de paysages

Insoumis

L'air salubre est seule demeure sûre

Ici finit le jour et la rage inféconde du soleil

N'est plus en lui qu'un vague souvenir.

 

 

 

 

 

Chante le roseau

Danse la liane, sa danse serpentine

Chante en chœur la spirale des jours

L'homme naît d'une goutte d'eau et d'un désir

L'homme croît et l'homme un jour entend

L'homme entend l'appel de la mer

L'homme prend sur ses épaules devenues larges et robustes

L'homme prend la route et l'homme chemine vers la mer

L'homme voit les poissons dans l'eau

L'homme apprend que les poissons aussi ont une mère

L'homme s'en retourne auprès de sa mère

Et l'homme enfante l'homme dans l'intimité d'une mère

Ainsi va le monde

Vers la mer et s'en revient

Et l'homme toujours retourne

Auprès de sa mère

La terre





Dérober du temps à l’horloge qui à l’infini

Claudique et cloisonne

Entre Pas-encore et Jamais-plus

 

S'entendre dire que la fenêtre de l’âme

Donne sur la berge du Fleuve-Amour

Où dans sa solitude frissonne 

Un saule pleureur

 

Lui, pourtant demeure là

Tendre et vert

 Dans la douce clarté de midi

 

 

A d'autres les mots pour dire l'antique mélange

D'instinct et de passion

Qui mène les Humains 

Sur le sentier de Jamais-plus

 

A nous, nulle note de bienvenue

Dans ce foyer prochain

Où la nuit s'enrobe de sucre roux

 

 

La route certes menait plus loin que prévu

A chaque sente elle a concédé un petit détour

Sa destination aux pas perdus s'est incorporée

Au fur et à mesure

Sa destination dans l’ombre s’est dérobée

 

Elle se maintient pourtant dans le souvenir

A jamais hors d'atteinte

 

C’est encore elle qui impose de dire

Sans trêve la parole 

Sans suite et sans mesure

 

 

Dire aux vendangeurs que l’ivresse entraîne

A l'autre bout du monde

Que chaque seconde qui claudique et qui claque

Ramène du fond de l'univers

Vers cet enclos charnel

Où tu rêves 

 

Ne me demande pas le mot de passe

A chaque nouvelle connexion 

Je m'incorpore au fluide

Et me déverse dans la bassine tiède de l'instant

 

Ne me demande pas un mot de passe

Lorsque vers toi comme au pigeonnier

Je reviens à tire d'ailes

oublieux de mes propres dérobades

 

 

 

J'ai senti le parfum de la rose écarlate

Qui éclot sans témoin

A l'autre bout de l'univers

 

 

J'ai donné au geai son congé 

Et j'ai sollicité une aide d'urgence

Auprès de l'agence comptable

De nos heures et de nos douleurs

 

A ce jour, aucune réponse précise ne m'est parvenue

Alors, je m’excuse et j'invente 

 Je suis la pente abrupte de l'instinct grégaire

Lorsqu'au nombre elle dérobe une solitude 

Et la fait claquer au vent terrible du destin 

 

 

J'entends des voix 

Et nulle promesse de sens 

Ne m'en dépossède

C’est la voix des anges

Qui soupirent

Dans la tiède moiteur de midi

Et qui soufflent de temps à autre

Dans la conque ocre de l’infini

 

 

 

 

 

 

L'horizon de l'inimitié s'est élargi 

Emportant les ennemis

Loin de ma demeure

L’horizon de l’amitié s’est élargi

Ramenant mes ennemis

Dans ma demeure

J’offre le thé 

Si eux consentent à le boire

 

J'entends des voix 

Et nulle concession à l'étrange sollicitude

Qui impose de dire bien plus 

Que la simple résurgence 

Du chœur ancien

 

J'étais impétueux alors 

Et le demeure toujours

Dans l'élan initial retombé

 

A nouveau s'impose la mal-chéance de l'aube et puis

 Le chant inaliénable du merle moqueur

Dans le feuillage de Tendre-Enfance

 

Douce invective à l'adresse de qui pressent et se maintient

Sobre et dispos à deux doigts de dire

L’improbable

 

J'intente un procès à l'aube

J'intente un procès au soir

L'une et l'autre se renvoient

 La balle de l'inconstance

Par-dessus le filet de l'instant

 

J'ânonne des mots sans suite

J'enfile des perles de pluie 

Et je décore l'infini

Aux couleurs de Mal-Patience

 

J'entends des voix où nulle parole n'est proférée

J'entends la douce musique du sang dans les veines

Et la langueur du cœur qui chavire

A chaque poussée

 

J'entends, je tends l'oreille et j’attends

Sobre et fier

Sur le seuil de Jamais-Plus

 

Je tends l'oreille et je t'attends

Sur le seuil obscur de Pas-Encore





 

 

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